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La Sage Agitée

ou les aventures d'une chercheuse de véritéS

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by 
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June 28

Hommes

Le père

 

Comme une défense impalpable, un abri éternel,

Tes bras deviennent autour de moi un asile fidèle,

Et du monde je ne crains rien, rien de mal ou de cruel

Puisque tu es là Papa, pour toujours, encre du réel.

 

 

Le frère

 

Comme un compagnon indissociable des meilleurs souvenirs,

Tu as partagé mon enfance, nous nous sommes vu grandir.

Tu me connais par cœur, tu sais mes joies et mes peines

Et nous restons frères, le même sang coulant dans nos veines.

 

 

L’ami

 

Comme des doigts scandant une cadence soutenue

Sur la peau d’un djembé raidie et nue,

Ta voix vient vibrer contre mon tympan

Trouvant ici une réponse, un écho résonnant.

 

 

L’amour

 

Comme une évidence,  une intime conviction,

Nos âmes se sont reconnues en se croisant,

Ce n’est ni résignation, ni caprice d’enfant,

Plus de doute aucun, nos cœurs battent à l’unisson.

 

 

L’amant

 

Comme mille gouttes de pluie sur mon corps répandues,

Tes mains viennent me faire frissonner, moi l’abandonnée,

Et avec la douce caresse de nos corps emmêlés d’amants,

La nuit pourrait alors durer jusqu’à la fin des temps.

 

 

L’homme

 

Comme un être ambigu, toi l’homme tu fais naître

Chez moi autant de joies que de peines et

Autant qu’il m’en coûte je dois le reconnaître,

La vie est avec toi est une impossible vérité.

D'ici et d'ailleurs

J’veux être du monde entier.

Y’en a qui sont métissé du corps,

Plus ou moins bronzés, cheveux bouclés...

Moi, mon idée en or,

C’est de mêler les élans mélangés.

Mon cœur s’est tissé de mille fils colorés.

Et tout ce qui m’est donné

Jour après jour me rend plus fort,

Plus fort de cœur couleur café,

Moins fort de corps pour écouter.

Antithèse

A l’habituel ennui des heures esseulées,

A l’amère solitude des jours endeuillés,

Succède depuis peu un silence habité.

 

En troquant subtilement les modes du passé,

Voici la déréliction finement bottée en touche.

Quel glorieux pied-de-nez !

Quelle divine escarmouche !

Que de découvrir au sein d’un ennemi redouté,

La richesse d’une peur finalement dominée.

 

Ah ! L’on se voyait reclus dans une forteresse,

Et voilà que l'on découvre le pouvoir, sans ivresse,

De mettre fin pour toujours à sa propre détresse.

 

On en a vidé des verres au fond desquels

Des yeux mauvais nous renvoyaient sans façons

Nos torturantes questions existentielles !

Nos yeux se sont plissés, noyés dans le brouillard

Des fumées qui jamais n'ont brûlé notre cafard !

Et tant de  nuits ont passé à regarder le noir,

A penser que nos vies n’étaient plus que cauchemars...

 

On invitait en nous, le premier être passant,

Pour combler ce vide tellement oppressant.

On se voilait l’esprit d’espérances infondées,

Soufflant comme une tempête vers les nuages foncés,

En pensant -comme l’on est bête !-

Qu’on arriverait à les chasser.

 

Et puis vient un jour où l’on choisit

De mettre en pratique tout ce que l’on a dit,

Tous ces conseils sagement prodigués

Aux enfants, aux amis, à tous les rencontrés.

 

On se dit que l’autre est un être différent,

Et que des amis le meilleur, c’est celui qui est dedans.

On commence à prendre soin de ce nouvel allié,

On le perçoit, on l’entend... on finit par l’écouter.

 

Ça prend du temps d’avoir confiance en soi,

Et l’on met des années à ne plus chercher l’autre.

Pourtant un jour arrive où le cœur devient notre,

Il nous appartient entièrement, dans toutes ses qualités,

Et l’on sait alors... que c’est le temps d’aimer.

Enfances

Il est des heures sublimes où tout est réparable:

Le jouet cassé, la robe déchirée, le genou écorché...

Nos enfances sont des contes de fées,

Et ceux qui les abîment, sont des briseurs de fables.

 

Merveilles enfantines, nous sentons le frisson,

Quand la chocolatine, distribue à foison,

Son odeur divine...

Ou bien qu'apparaisse la tartine et là nous salivons.

 

C'est là qu'encore, sans façon,

Nous avons le droit de bouder;

Tandis qu'on nous prône la raison,

Notre langue s'étire de tout son long,

Dans un geste muet.

 

Ô enfances, comme vous fûtes belles,

Et comme l'on garde en soi, votre côté rebelle...

 

Tout nous semblait si doux... mais l'enfance est un tour,

Que nous joue le Bon Dieu:

On ne savait pas, nous, qu'on serait vieux, un jour.

 

Il arrive un matin où l'on devient "grand",

Et l'on peut vivre "enfin" dans son appartement,

Travailler au bureau, avoir sa belle auto... et payer des impôts!

Ah! Comme on en rêvait de cette vie d'adulte:

On voyait le bonheur au milieu du tumulte,

On rêvait de voir le monde et toute la planète,

Qui se contente aujourd'hui d'être un toit sur nos têtes...

 

On a troqué nos rêves contre de gros soucis,

Qui dorénavant froncent nos peaux de plis.

Nos amis ne sont plus, on les a échangé,

Contre des "contacts", des "collègues"... et puis quelques regrets.

Nos robes aériennes qu'on disait "de princesses",

Moisissent dans nos armoires, pendant que sur nos fesses,

Ne reste qu'un tissu noir et oui... un peu de graisse.

 

Au commencement était l'Homme... non!

Au commencement était l'éternité :

Les yeux d'un nourrisson, le rire d'un enfant et...

Nos rêves abandonnés...

La songeuse

La songeuse aux rêves aguerris

Soupire au matin, le réveil de ses nuits.

Elle cherche à réinspirer les muses nocturnes

Qui envoyaient céans son esprit sur la lune.

 

« Las, les jours sans soleil se sont accumulés »,

Clame-telle d'une douce voix ensommeillée,

« L'astre luisant me paraît maintenant éphémère

Et c'est dans la douceur des bras de Morphée que j'espère. »

 

Ainsi sur ces quelques mots,

Elle s’obstine à garder les yeux clos.

Ses rêveries lui désignent toujours le même sigisbée,

Qui depuis si longtemps la fait fort soupirer...

Mais son visage reste toujours caché,

Comme l’ultime trésor des étoiles dorées.

 

« Me faut-il une potion ?

Réciter une prière ou une incantation,

Pour qu’apparaisse enfin

Le visage de celui qui m’étreint ? »

L’amour donne plus de force que toutes les épées,

Pourtant la voici presque découragée...

  

Mais c’était sans compter sur un bel arrivant,

Descendu des étoiles -puisqu’il en était prié-,

Venant faire de la nuit, une grande clarté

Et réveiller sa belle ensommeillée.

 

Et depuis lors,

De la nuit à l’aurore,

Les étoiles ont brillé,

Pour que les deux amants n’oublient jamais,

Que les rêves deviennent parfois réalité.

 
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